Le monde du football français a dit ses derniers adieux à Rolland Courbis, figure emblématique au parcours riche et mouvementé. Après une première cérémonie à Paris, c'est à Marseille, ville où il a grandi et laissé une empreinte indélébile, que l'émotion était palpable ce week-end.
Un Dernier Voyage Entre La Capitale et La Cité Phocéenne
Rolland Courbis, disparu à l'âge de 72 ans, a été honoré lors de deux cérémonies distinctes, reflétant les multiples facettes de sa vie professionnelle et personnelle. La première s'est tenue à l'église de la Madeleine à Paris, réunissant des personnalités du football parisien. Mais c'est à Marseille, dans l'église des Réformés, que l'hommage a pris une résonance particulière, celle d'un retour aux sources pour celui qui fut tant aimé dans la cité phocéenne.
Marseille : La Ville d'un Roi
Le contraste entre les deux villes a été souligné avec émotion. Si Paris l'a « adopté et traité comme un prince », comme l'a rappelé l'un des orateurs, Marseille, elle, l'a toujours considéré comme un « roi ». La cérémonie marseillaise, qui s'est déroulée samedi après-midi, a attiré une foule immense, composée de proches, d'anonymes et de figures marquantes du football français, venus rendre un dernier hommage à celui qui a marqué l'histoire de l'OM et du sport français.
La fille de Rolland Courbis, Olivia, a pris la parole, la gorge nouée, pour évoquer la mémoire de son père. Sa femme, Clara Paban, a conclu la cérémonie avec une note empreinte de mélancolie et de fierté : « Un clasico pour ton dernier déplacement, c'est le minimum qu'on pouvait organiser pour toi. »
Un Rassemblement Illustre du Football Français
L'assistance à l'église des Réformés témoignait de la diversité des carrières de Courbis : joueur, entraîneur, consultant médiatique. Les anciens coéquipiers et adversaires étaient présents en nombre. Jean Tigana, Alain Giresse, Laurent Blanc, Cédric Carrasso, Vitorino Hilton, Daniel Congré, Laurent Paganelli, Eric Di Meco et Pascal Olmeta côtoyaient des figures du management comme Laurent Nicollin. La présence de Jean-Claude Darmon, le « grand argentier du foot français », au premier rang, aux côtés des enfants de Courbis, a rappelé son influence dans les coulisses du sport.
Des Légendes et des Représentants de Clubs
L'hommage a également été marqué par la présence de délégations officielles de plusieurs clubs, dont Toulon, Endoume, Montpellier et Monaco, représenté par son directeur général, Thiago Scuro. Cette mosaïque de personnalités illustre l'impact profond et durable de Rolland Courbis sur plusieurs générations de sportifs et d'amateurs de football.
Eric Di Meco, figure emblématique de l'OM, a livré un hommage poignant, comparant l'esprit de Courbis à celui d'un personnage de Marcel Pagnol. « Si Marcel Pagnol l'avait rencontré, il l'aurait pris dans ses films », a-t-il déclaré, soulignant le caractère unique et théâtral de l'homme.
La Carrière Polyvalente de Rolland Courbis
Rolland Courbis était bien plus qu'un simple entraîneur. Sa carrière fut une succession de rôles : joueur passionné, entraîneur au caractère bien trempé, et consultant médiatique au franc-parler légendaire, notamment sur RMC. Les rétrospectives diffusées lors des cérémonies ont rappelé ces différentes vies, rythmées par l'iconique « Jump » de Van Halen, musique symbolisant son énergie et sa capacité à rebondir.
L'Héritage d'Un Tempérament
Sa relation passionnelle avec l'Olympique de Marseille restera sans doute son héritage le plus marquant. À Marseille, il n'était pas seulement un entraîneur ; il incarnait une certaine idée du football, faite de combat, de passion brute et d'attachement viscéral aux couleurs du club. Même loin des bancs de touche, son analyse tranchée et son franc-parler en tant que consultant ont maintenu son statut de voix incontournable du paysage médiatique sportif français.
Alors que la foule se dispersait après la cérémonie marseillaise, laissant derrière elle une église emplie de souvenirs, le sentiment dominant était celui d'une perte immense. Rolland Courbis laisse derrière lui une trace indélébile, celle d'un homme entier, aimé et parfois controversé, mais toujours au cœur de la passion footballistique française. Son « dernier déplacement » restera gravé dans la mémoire collective du sport.